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Phénoménologie «  

La perception, la Chose et l'Illusion

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Sur Hegel et la Phénoménologie de l'Esprit / l'Encyclopédie
Voir l'introduction de lecture
Série de notes à suivre sous le mot-clef "Hegel"
C'est un parcours complexe de la nouvelle conception de la Chose, et de l'expérience de la conscience (voir p. 112 à 115).



Hegel critique un certain atomisme dans notre approche naturelle du monde : penser le monde à partir de choses matérielles, elles-même perceptible à partir du materiel. C'est le problème clef de l'Un et du multiple (ou du concept de substance), la perception (Wahrnehmung) (« prise-en-verité ») part de la Chose en identifiant ses propriétés et leur unité. Mais cette diversité ne se décompose pas, elle reste dans l'unité : la même rose peut se flêtrir. Les choses sont donc invariantes dans leurs propriétés.


Hegel veut montrer qu'on ne peut parvenir à un véritable savoir cohérent qu'en synthétisant l'unité et la diversité des choses. Au niveau de la perception, la conscience est une conscience sachant qu'elle peut se tromper en saisissant l'objet : la « possibilité de l'illusion ». Car dans le premier moment de l'expérience elle s'est illusionnée, et le sait ( notion de constitution d'un savoir dans l'expérience). La conscience corrige sans cesse son approche en essayant de sauvegarder :
  1. L'identité à soi-même de l'objet (substancialité simple)
  2. L'objet doit être déterminé (pour être une chose), donc être pensée en relation à autre chose : une différence, dans son individuation.


On peut penser que c'est la Chose (Das ding) qui est au fondement de l'unité de ces qualités, et de la distinction par rapport à d'autres objets. Mais on ne peut saisir aucune propriété de cette chose, elle serait de fait insaisissable : si les propriétés permettent alors cela, les choses doivent à la fois se distinguer entre elles et être dans une communauté de la chose. Ce celle-ci n'est pas celle-là. Donc les propriétés matérielles seraient des entités indépendantes (des « matières », voir § 130 de l'encyclo). Il n'y a plus à proprement parler de Chose !


Dès lors, nous n'avons pas uni la Chose et ses propriétés ( une critique évidente du matérialisme atomique).


Peut-on attribuer la différence entre propriétés à la conscience percevante ?


L'unité de la chose serait réfractée par divers sens au moyen desquels nous la percevons. Les propriétés seraient alors avant tout des propriétés de la conscience. Mais une chose alors n'aurait plus de propriétés, et ne serait plus distinguable des autres choses.



Peut-on distinguer l'en-soi de la chose et son apparition phénoménale ?


L'apparition phénoménale relèverait de la relation avec d'autres choses : apparaitraient alors des propriétés inessentielles, alors qu'en elle-même la Chose est une identité propre. Cette vision de la chose ne peut donc nous satisfaire. La Chose, quand on cherche à la comprendre en elle-même (ce Un), est condamnée à périr en tant que chose. Car il faut qu'elle se nie elle-même pour se trouver déterminée : quelle manifeste sa propre contradiction (p.112), une négation de soi-même.


Il faut donc forcer un dépassement de ces conceptions ambivalentes de la Chose. Séparer le moment de l'unité et de la diversité est une caractéristique de ces dialectiques précédentes, ne pouvant convenir à notre recherche ici. Le chapitre suivant de l'ouvrage montre comment on parvient à les réunir dans un système, alors qu'on ne peut pas les comprendre sans contradiction : on parvient à un rassemblement en et pour soi de ces propriétés. C'est là précisément l'activité de l'entendement : un jeu de forces, perçu/compris par celui-ci.

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