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Notes sur la Préface de 1781

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Critique de la Raison pure, E. Kant

Problème général du titre : "Critique de la Raison pure"

Emmanuel Kant Il est question de la "Raison humaine" : celle qui concerne l'Homme donc. Cette faculté de l'Homme a un destin étrange : accablée de questions qu'elle ne peut éviter, imposées par sa Nature, elle ne peut les résoudre… Il y a donc une infinité d'exigence attachées à la Raison qui dépasse la finitude de son pouvoir. Elle n'en est pas coupable, car c'est aussi sa Nature que cet embarras. De plus, la Raison ne se contente pas des connaissances scientifiques ; en effet, armée de ses principes mathématiques ou physiques, elle tend à vouloir s'élever de plus en plus haut dans la connaissance, vers des conditions de plus en plus éloignées : en l'ocurrence, vers la Métaphysique, ce qui est littéralement "au-delà du monde physique", du sensible.

Elle recherche ainsi un principe supérieur, inconditionné (non sujet à la démonstration de type scientifique dans le monde physique), un principe anhypothétique. Mais ici, la Raison bute sur l'impossibilité de la validation par l'expérience ; elle va donc connaître "l'inconditionné" : c'est dans ce genre de connaissance que la Raison humaine se perd, car elle touche au suprasensible, à tout ce qui n'est qu'intelligible et non palpable sensiblement… La Métaphysique dépasse le niveau de l'expérience, embarrasse la Raison, et pourtant elle concerne le sens commun en ce moment qu'elle préoccupe l'Homme, qui, finalement, se demande sous plusieurs formes "Qu'est-ce que l'Homme ?" …

D'où, les trois questions...

...que Kant estiment fondamentales à la Philosophie :

  • Que puis-je savoir ?
  • Que dois-je faire ?
  • Que m'est - il permis d'espérer ?

Elles tendent toutes trois à cette question primordiale "Qu'est-ce que l'Homme ?".

Kant explique par suite que la Métaphysique est le terrain, l'arène, où se livrent ces combats sans fins de la Raison, contradictoires, le champ de bataille qui nourrit le conflit des doctrines, un état de guerre où s'affrontent deux camps en son sein. Or, le projet kantien est justement d'apporter la Paix. Au 18° siècle, la Métaphysique fut rejetée par les scientifiques et philosophes matérialistes : mépris général. Cependant il fut un Temps où elle était Reine des savoirs : c'était la fameuse

" racine de l'arbre philosophique, dont le tronc est la science physique, et les branches les différentes sciences qui en découlent. "
chez Descartes.

Pour Kant,

La Métaphysique a connu plusieurs âges

  • Au départ, le premier état de la Métaphysique fut le Dogmatisme, où l'on peut tout connaître par concept en niant toute expérience. Un dogmatisme qui est en fait un Despotisme selon Kant; C'est le premier âge de la Raison, son enfance, où l'on croit que son pouvoir est infini : le despotisme est donc la figure politique de cet âge qui énonce des concepts qu'il tient pour vrais, des "dogmata". Son adversaire est le sceptique, qui exige une preuve, qui revendique le droit au Doute, et sous le coup duquel la Métaphysique va se plier.
  • Le Scepticisme serait ainsi l'adolescence de la Raison. Nous sommes donc en présence ici de deux écoles de pensées :
    • Le Rationalisme dogmatique,
    • l'Empirisme sceptique (Locke ou Hume, chez les Anglais) pour qui l'on ne peut rien fonder "a priori", sans certitude.
  • La Critique serait-elle donc l'âge adulte de la Raison pour Kant ?.. Celui-ci voit bien que chacun renaît des cendres de l'autre, et au résultat on trouve le triomphe de l'indifférence : chaos, dégoût… etc.

Il est cependant indispensable à la nature humaine de ne pas laisser ces questions essentielles en suspens. Cette indifférence est symptomatique d'une époque où le déclin métaphysique est synonyme de l'envolée positiviste de ce siècle, envolée scientifique de type newtonien qui témoigne en fait de la faculté de juger d'un siècle, mûr, qui ne veut pas se laisser bercer plus longtemps par une apparence de savoir comme celles que lui a servies le vieux dogmatisme vermoulu.

Ainsi, pour Kant, ce doute porté sur la Métaphysique est l'effet d'un jugement mûr; il s'agit pour la Raison d'accéder après l'enfance et l'adolescence à la Critique : qu'elle se connaisse elle-même, définisse ses limites et son pouvoir. Critiquer, c'est évoluer, et distinguer ce qui est bon de ce qui ne l'est pas. Au tribunal critique, la Raison est à la fois juge et avocat d'elle-même. C'est un acte qui ouvre un horizon sur la réflexion rationnelle ; Cette conscience de soi de la Raison, où la Raison est juge et parti d'elle-même, Kant la nomme Critique de la Raison pure. Déterminer les sources de la connaissance, son étendue, ses limites, c'est à dire les conditions de possibilité de la Métaphysique en somme.

Commentaires

Denis - le 31 octobre 2012

Merci pour cette réflexion.

Cet ouvrage est l'un des plus complexes qu'il m'ait été donné d'approcher, j'ai dû mettre un mois avant de commencer à comprendre quelque chose ! Un résumé aussi à voir sur les Philosophes


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